Claire Roger

 

 »Mon travail est une aventure graphique qui s’élabore à partir de terres colorées dans la masse et dont la singularité repose essentiellement sur le traitement simultané de la couleur, du graphisme et du volume. Ce graphisme puise sa source dans l’épaisseur de la matière et trouve sa forme dans le geste allié à l’outil. Il met en jeu les notions telles que : stratification, croisement, superposition, juxtaposition, répétition, modulation….. J’aime que mon travail s’inscrive dans la durée, heure par heure,jour après jour… » Claire Roger

Etudes Beaux-Arts de 1975 à 1979, l’artiste expose dans de nombreuses manifestations nationales et internationales dédiées à la céramique. Ses oeuvres font parties de collections privées et étatiques.

 

Karine Malatier

Quand   l’émotion devient forme

La photographie, pour Karine Malatier, comme pour tous les grands photographes, n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service d’une nécessité première: celle de saisir l’émotion produite par la vision fugace et miraculeuse d’une vérité personnelle qui transcende le simple regard et que l’on veut faire partager.

Pour faire partager cette émotion, il faut la mettre en forme et c’est alors que le savoir- faire technique permet de créer son propre vocabulaire plastique et sa propre syntaxe, qui rendent possible l’expression exacte de la vérité sensible, en même temps que son partage et sa compréhension par tous. Et c’est cette intensité de l’émotion qui, toujours, génère le langage ou l’écriture qui conviennent pour l’exprimer.

La force expressive des photographies de Karine Malatier tient dans la sobriété de l’écriture et cette épuration rendue par un noir et blanc qui intensifie le propos, la lumière intérieure et le mystère poétique.

Ici, la beauté formelle des images découle naturellement de la beauté native du sujet, de cette innocence et de cette pureté de cœur des humains blancs ou noirs représentés.

Ici, l’intelligence du cœur devient intelligence plastique.

Pierre Souchaud

Ghyslaine et Sylvain Staëlens

Ghyslaine et Sylvain Staëlens

Retour aux sources

Ghyslaine et Sylvain Staëlens sont un cas aussi rare qu’exemplaire d’artistes travaillant en couple et en parfaite osmose l’un avec l’autre … mais également avec le paysage où ils ont choisi de vivre et de créer depuis 25 ans : une terre volcanique de haute solitude et d’austérité, dépouillée de toute modernité superflue et ainsi propice au retour aux sources d’une sorte de spiritualité autant originelle qu’universelle.

Ces somptueux assemblages de bois flottés, de racines, de métaux rouillés, de clous, de tissus, de terres, de roches volcaniques broyées, rouillées, oxydées, peuvent être l’évocation d’une humanité naissante, prenant conscience d’être sortie de l’animalité et commençant à donner une âme aux éléments naturels dont elle vient de surgir et qui lui collent encore à la peau.

C’est sans effroi, mais avec une sidération étonnée que nous regardons ce grand cérémonial de totems, d’amulettes et d’humanité native, car cette anthropologie imaginaire, qui est faite d’abord du plaisir de la mise en forme plastique, sublime et illumine positivement ses lointaines évocations.

Pierre Souchaud

 

 

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Ghyslaine et Sylvain Staëlens (nés respectivement en 1960 à Montfermeil et en 1968 à

Paris) sont un cas presque unique dans le monde des arts de couple fusionnel travaillant à

quatre mains : en totale symbiose, avec une complicité digne de musiciens de jazz. Car «

nous n’avons jamais cherché la sculpture », disent-ils aujourd’hui, « c’est la sculpture qui

nous a trouvés. Notre rêve était de devenir musiciens. »

Épris l’un de l’autre depuis leur première rencontre, vivant ensemble depuis plus de trente

ans, ils ont traversé d’abord une période difficile où ils avaient un emploi régulier,

Ghyslaine dans l’informatique, Sylvain à la télévision. Mais la vie à Paris ne leur convenait

pas et c’est pour échapper au piège mortel de la toxicomanie, qu’après divers voyages au

Mexique et une période d’errance dans le Sud de la France, ils ont trouvé enfin leur

planche de salut dans la création.

Avec frénésie, ils commencent alors à collecter toutes sortes de matériaux naturels,-

lichens, pierres, bois – qu’ils assemblent pour en faire sortir les formes et les personnages

visionnés dans leur texture. Leurs premières sculptures date de 1995. Peu après ils

s’installent à la campagne, dans un hameau isolé du Cantal, au pied des volcans. Une

région dont la rudesse empreinte de christianisme et de magie primitive les inspire

profondément.

Tout un bestiaire et tout un peuple de guerriers, de druides et de chasseurs, ou de

cavaliers barbares chevauchant d’étranges créatures, va naître de cet environnement, avec

de grands bas-reliefs, sablés de pigments rouges, figurant « le magma d’émotions » qui

nous anime et qui, dans leur période antérieure, avait failli les emporter.

Texte de Laurent Danchin

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Bio A propos

Sculpteurs d’assemblage à quatre mains.

Nés en 1960 et 1968 à Paris

Collections :

American Folk Art Museum / New York

Collection Blanchard – Hill / New-York

Collection Audrey B. Hecker / New York

Collection Takashi Murakami/ Japon

Collection Cérès Franco / Paris

Musée de la Fabuloserie / Dicy

Musée de l’Art en Marche / Lapalisse

Musée des Arts Buissonniers / Saint Sever du Moustier

Nombreuses collections privées internationales.