Hélène Bret

Un parcours, une passion de l’excellence

A l’âge de 9 ans, est admise dans l’atelier de Marie-Louise Chabert des Nots-Tollet, fille ainée de Tony Tollet, portraitistes officiels de l’archevêché.Enseignement  déterminant uniquement axé sur le portrait et qui durera 11ans, au rythme de 5 heures tous les jeudis après-midi.

1972 Bac latin-grec.

1973-76 Paris. Ecole du Louvre ( Titre d’Ancien Elève de l’Ecole du Louvre pour l’Histoire de la Peinture XVIIème-XVIIIème.Ecoles Etrangères. Enseignement donné par Arnaud Brejon de Lavergnée, spécialiste du caravagisme et actuellement conservateur en chef du Mobilier National.)

1980-83 Lyon. Ecole Sup.Arts Appliqués de Lyon sous la direction du plasticien Jean-Michel Cierniewski (création textile. architecture intérieure)

1983-85 Lyon. Hôpital Croix -Rousse. Assiste aux journées opératoires du Pr Bonnet dans le but d’illustrer la somme de ses travaux.

1995-99 Lyon2. Maison de l’Orient. D.U.E.S.E.(apprentissage de l’écriture hiéroglyphique et hiératique égyptienne)

Activité artistique entièrement axée sur l’édition scientifique:

1983-99 Illustrations hyperréalistes pour la recherche médicale.(spécialisée en ophtalmologie)

1998- à ce jour Etudes documentaires d’objets antiques pour la recherche archéologique (spécialisée en égyptologie) – Membre de la Mission Française de Fouilles de Tanis. Egypte

Aujourd’hui, elle prépare un kimono géant en soie pour l’exposition  » Explorateurs et jardins perdus » octobre 2017

 

 

Paulette et Josef Ciesla

Envol de l’imaginaire

Josef Ciesla est un artiste prométhéen, qui fait vie de toute matière, qui la sublime en signes symboliques comme l’ont fait avec les mots ses amis, magnifiques poètes comme Lionel Bourg et Andrée Chedid, et dont la puissance créatrice excède avec bonheur les limites convenues de l’art de ce temps.

Cette fabuleuse aptitude à transmuter la matière en substance vivante et poétique s’est manifestée très tôt, lorsque, jeune émigré polonais, il travailla dans une fabrique de tulles et dentelles de Lyon et y inventa très vite de nouveaux procédés de tissage et de teinture pour toutes sortes de fibres d’origine animale ou végétale.

Cette première période créative a déterminé sa prédilection pour la sculpture textile développée vingt ans plus tard en collaboration étroite avec Paulette son épouse ; de même pour de nombreux autres modes et supports d’expression qu’il mixte à l’infini.

L’œuvre textile présentée ici, réalisée en 1980, intitulée « Embrûlure première », est très significative de la force d’inventivité plastique du couple formé par Paulette et Josef et de leur parfaite maîtrise des techniques utilisées… significative aussi de cette faculté qu’ils ont de pouvoir redonner vie à la matière inerte puisque cette œuvre est née de l’observation fortuite de débris de bois calcinés en forêt et de leur étrange pouvoir de fascination visuelle, de symbolisation et d’envol de l’imaginaire… Ainsi, l’artiste a-t-il su faire renaître la vie…de ses cendres-mêmes.

Pierre Souchaud

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photographie d’ Hervé Hugues

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CIESLA, le vaste

Ici   la matière s’anime

Ici   l’outil se recrée

Ici  la matière déroute l’immobile

Ici  l’outil maîtrise le temps

Ici  la matière affronte l’espace

Ici  l’outil ajuste la fiction

Ainsi

Allant et venant

Parmi les signes

CIESLA

Semeur de souffles

Surgit des pesanteurs

Pour libérer l’image

Pour renommer l’élan

Ainsi

CIESLA

Bâtisseur tenace

Relie l’intime à l’immortel

Soude l’immense à l’infime

Désosse les murs

Entaille les carcans

Taraude les pleins et les vides

Pour graver du sens

En toutes choses

Ainsi accède-t-il

A ce chant

D’orgues et d’âme

Ainsi nous livre-t-il

Cet hymne

D’ombres et de vie

Pour saluer CIESLA

 Andrée Chedid -1992

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JOSEF CIESLA LA PASSION DU SUJET ou DE LA POUSSIERE A L’ART

 De l’artiste, ce qui nous importe, ce n’est pas son registre esthétique, c’est son engagement, l’engagement qui transcende, l’engagement qui arrache la vie à son cours pour une prise de risque maximum pour lui-même.

Ainsi Ciesla, artiste, déjà dans le vif de ses origines polonaises.

L’immigré passe par une insertion « rêvée » ; l’ingénieur mue par la réussite sociale, puis cherche l’essentiel ailleurs. Il emprunte à 36 ans un chemin allant vers plus qu’une croyance : la coagulation d’un être à un état.

Ciesla veut être et est un être libre qui s’abreuve au spirituel pour nourrir son œuvre, qui lutte avec et contre la matière.

Depuis 40 ans de labeur intense, il refuse mouvements, écoles, idéologies, marches à suivre. Il représente cette force qui va et qui ne quête pas dans les modes et les façons de faire dûment accréditées par « l’esprit du temps » de quoi il en est de l’art. Il poursuit une autre route : celle par laquelle il tente de conférer au réel une densité non pas sous une forme unique et inaltérable mais, à l’inverse, en une sorte de mixité de diverses manières inhérente à un travail qui présente ainsi le monde en prouvant qu’il n’est pas univoque mais qu’il est le lieu de la fusion et de l’ouverte, seul moyen de sortir des violences et des haines.

En ce sens, Ciesla est aux antipodes autant de l’image du monde que nous renvoient les prêcheurs des médias que les maîtres à penser de l’art contemporain.

Une sagesse parcourt l’œuvre torturée (« Forêt des signes », « Cadoles », cycle des « Anti-armes »…) une œuvre qui ne cesse de nous interpeller car c’est là, dans la fente et dans son sertissage que tout se passe, (se) joue.

A chaque étape on croit saisir le secret, mais « l’évidence », apparente, porte vers une autre, plus retirée, non seulement dans le secret de l’intimité mais aussi dans la douleur du monde, là où les spoliés (« Les Femmes d’Alger et d’Ailleurs » ) gardent ce par-devers soi que l’artiste ose exposer, tirer en avant en une sorte de spectre tendu contre l’aveuglement de ceux qui ne veulent voir. Et ce qui se tend à travers le jeu des matières devient ainsi la passion du sujet en proie à l’être soi que souvent l’on oblitère, que la société dans sa sophistication, ses fausses promesses et ses propositions tend à nous faire perdre. C’est pourquoi on croit aussi saisir chez Ciesla un art sacré au sens où l’entendait Bataille : la communication d’une passion à exister. Sa sculpture est donc moins le rappel d’une identité mémorable qu’un rappel d’une intimité immémoriale ; est moins le rappel de cette intimité qu’à cette intimité. Sa sculpture nous regarde, offerte, on y entre ou non mais on n’y échappe pas.

Alors aux égarés, aux enfants perdus d’un millénaire qui s’annonce mal, ces indices, ces atteintes, – presque des certitudes : déchirures et sutures, stries, douleur, douleur, douleur. Il arrive toutefois que la coque d’une sorte de scarabée éclate. Existe la beauté contre la glaciation et la pétrification. Contre, dedans.

Contre la mort que l’on se donne il y a le passage. L’or, le bleu, le gris d’aube et celui de l’aurore au profond de la terre. D’une certaine manière, il faut qu’une joie demeure, et c’est tout compte fait le sens d’une œuvre étrange d’où sort le « lux in tenebris lucet » de Saint Jean. Mais il n’est pas besoin de l’allusion évangélique pour comprendre cet éclat que Ciesla nous tend en son perpétuel défi, là où la sculpture sort de la cendre, des scories du reflet vers une « pureté » chargée en quelque sorte du poids de la vie, de ses cris et de ses silences.

Jean-Paul Gavard-Perret

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JOSEF CIESLA

Né en 1929, enfant d’émigrés d’origine polonaise arrivé en France à l’âge de 4 ans, Josef Ciesla est autodidacte, ses seules études sont les cours qu’il suit à 19 ans à l’Ecole Supérieure de Tissage de Lyon puis à l’Académie des Beaux-arts. Il quitte son état de salarié en 1968 alors qu’il est cadre dans l’industrie textile et «emprunte à 36 ans un chemin allant vers plus qu’une croyance : la coagulation d’un être à un état »*. Le critique d’art René Déroudille soutient tout particulièrement son œuvre et favorise en 1970 l’obtention de sa première commande publique pour le Conseil Général du Rhône. Celle-ci ouvre le champ à plus de 75 réalisations monumentales implantées dans nombre de lieux publics et entreprises privées. A la suite d’expositions personnelles en France, Pologne, Etats-Unis, Allemagne, son œuvre est présente dans divers musées et dans de très nombreuses collections particulières de par le monde. Sa sculpture est connue, son œuvre graphique à peine, elle est pourtant considérable puisqu’elle s’exprime largement depuis son journal intime jusqu’à de grandes œuvres murales.

Gaston Bachelard est de tout temps son maître à penser, la nature sa référence, et les quatre éléments sont intimement mêlés à son travail dans lequel tous les matériaux sont convoqués : l’acier en priorité – l’acier qui s’oppose ou épouse la terre, le bois, la pierre, l’émail, le textile, le bronze…tout une Forêt des Signes que Jean Paul Gavard-Perret traduit en 1999 dans le livre Josef Ciesla, les portes du silence ou le chant des signes col. « Les Sept Collines » – éd. Jean-Pierre Huguet.

En octobre 2006 ce travailleur inlassable met en place à l’Université Lyon 3 une sculpture fontaine en bronze Empreintes et Résurgences qui rend hommage aux valeurs incarnées par Jean Moulin.

A la demande de l’architecte Albert Constantin, il crée en 2008 des vitraux pour la Clinique Saint Vincent de Paul à Bourgoin-Jallieu à partir de grandes peintures.

Sa dernière commande est une œuvre peinte de 5,00 m. de larg x 1,50m de haut. Gaïa, à base de pigments naturels, pour la mairie d’Artas sa commune.

*J-P Gavard-Perret

 

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