Christiane Chiavazza

Harmonies corporelles

Les sculptures tout comme les peintures de Christiane Chiavazza sont nées d’un même déchiffrement de l’énigme du corps humain, de sa logique interne, de son harmonie, de son rythme et de sa « matière » constitutive.

La chair vivante, la texture sensible, la substance profonde, y sont saisies et portées par une composition abstraite très architecturée, distanciée et extériorisée, mais qui semble pourtant née de cette intériorité- même, tant elle est en parfaite adéquation avec elle.

L’émotion du dedans  et la raison du  dehors y sont en effet indissociables, en féconde conjonction et en parfaite harmonie.

Pierre Souchaud

Ecrivain d’art, essayiste et fondateur de la revue Artension

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Vers l’essentiel !

je suis née en 1943 à Lyon et  je vis et travaille dans la région lyonnaise .   Depuis les années quatre-vingt dix, modeler la terre et l ‘argile, sculpter, m’apparaissaient comme une nécessité intérieure et comme l’héritage d’une sensualité toute méditerranéenne, transmise par mes racines.

Puis les formes corporelles se sont épurées et condensées quand j’eus l’extrême bonheur de pouvoir couler mes sculptures dans le bronze. C’est à ce moment de simplification formelle qu’est apparue ma peinture abstraite et ces architectures qui me permettent de renforcer l’expression sensible et d’aller au-delà du sujet figuré dans l’intériorité de la peinture et de soi-même.

Ces dernières années, la simplification des formes se poursuit en même temps qu’un enrichissement des textures et une exaltation des matières et des couleurs ; je m’oriente de plus en plus vers des monochromes ou presque, vers l’essentiel, grâce aux noirs subtils, aux ocres dorés, aux blancs matiéristes, aux rouges pourpre; parallèlement, l’utilisation de la fraicheur glacée des résines colorées vient renouveler les sculptures. Christiane Chiavazza

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Expositions personnelles et collectives

 Galerie Le Clos des Arts – Bruxelles

Art Center Soho – New-York

Galerie le Soleil sur la Place – Lyon

Galerie Claude Goudal – Lyon

La passerelle des Arts – Lyon

Galerie Aart’s Masters – St Paul de Vence

Fondation Taylor – Paris

Salon d’Automne du Brésil – Sao Paulo

Galerie Espacio banco Urugay – Sao Paulo

Galerie Terre Mer – Lyon

Salon Artistes en Liberté – SLBA – Lyon

Christian Von Sydow

Christian Von SYDOW

Né à Lund,  Suède en 1950. Vit et travaille en France depuis 2012.

Christian von Sydow a un large éventail de techniques de la sculpture à la peinture. Il travaille principalement avec le verre et la céramique. Le moulage de verre dans le sable ainsi que la pâte de verre produisent souvent des rencontres  passionnantes  avec d’autres matériaux . “ Je travaille  avec le verre et l’argile. Deux matériaux, deux tempéraments. Le verre est couleur et lumière. La céramique est surface et structure. Comme un voyage sans fin, j’explore et je repousse les frontières des matériaux. Dans le chaos de la création, je cherche l’ordre et la structure. Je travaille habituellement avec des archétypes, des formes originales. Pendant le travail le processus vie et me montre le chemin… répétition, variation… J’assemble et je présente.“.

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Maisons de cristal

 

Les formes toujours très épurées des sculptures de Christian Von Sydow, sont ainsi faites pour mieux exalter la richesse expressive des matériaux utilisés que sont le verre, la céramique et le béton.

Une exaltation qui naît ici de la rencontre entre la lourde opacité de la céramique ou du béton et l’irréelle transparence du verre. C’est cette conjugaison de deux éléments contraires, l’un, comme un socle de terrienne et compacte rationalité et l’autre de céleste légèreté poétique, qui fait naître l’émotion, le trouble sensible et l’envol de l’esprit hors de la gravité terrestre… « Comme un voyage sans fin,  j’explore et je repousse les frontières des matériaux» dit l’artiste. ..Ces délicates rêveries colorées de grands voyages sont donc ainsi conservées   à jamais dans ces petites maisons de cristal.

Pierre Souchaud

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Collections Publiques :

Nationalmuseum Stockholm. Glasmuseet Växjö. Malmö Museum. Helsingborgs Museum, Kristianstad Läns Museum,Trelleborgs Museum. Trelleborgs kommun. Vellinge Kommun. Ronneby Kommun, Landskrona Kommun. Malmöhus Läns Landsting. Statens Konstråd. Offentliga samlingar i Taijmi-City, Kasamatsu och Izui- Cho, Japan. Mudesa, Museum of Design and Applied Arts, Iceland.

Jean Marc Paubel

Jean Marc Paubel

De la texture profonde de la vie

 

Jean-Marc Paubel est fasciné par les textures végétales, leur intimité organique, leur lente sédimentation en strates successives gardiennes de mémoire. Il aime s’enfouir dans cette sorte d’humus premier, comme pour revenir à l’origine micro-cellulaire de la vie. Il utilise pour cela deux procédés totalement opposés. Le premier est la décantation de matière, comme on fabrique le papier. Décantation aléatoire et contrôlée qui produit des textures-paysages, supports de méditation où forme et fond sont confondus dans une sorte de conjonction proprement métaphysique. La deuxième est le traitement de l’image du végétal par l’informatique qui permet de prolonger le processus vital, de mettre en abîme sa logique interne, d’y pénétrer à s’y dissoudre la pensée même, pour mieux accéder à ce sentiment d’une mystérieuse raison universelle.

Pierre Souchaud

L’oeuvre grande ouverte de Jean-Marc Paubel

Voici donc trente ans que Jean-Marc Paubel est à la quête de ses propres émotions esthétiques, mais aussi du partage et de l’échange avec celles des autres artistes. « J’ai toujours trouvé dans le talent des autres des motifs d’émerveillement et des opportunités de progrès et d’enrichissement pour mon travail. », écrit-il en exergue du texte récapitulatif de son parcours, qui en effet a été nourri de cette profonde attention à ses semblables.

Une attention et un respect pour autrui, qui sont indissociables de ceux qu’il entretient en permanence avec la matérialité des objets picturaux, leur vérité et leur mystère internes, le pouvoir d’expression qu’ils possèdent en deçà et au-delà de leur immédiate apparence.

Et c’est bien cette quête en simultanéité de l’intériorité aussi bien des matériaux utilisés que des images produites et des humains fréquentés, ce va et vient constant entre le « moi » et « l’autre », entre le dedans et le dehors de soi, qui fait de Jean-Marc Paubel un artiste exemplaire de générosité, d’inventivité et d’aptitude à créer du lien entre les artistes et la diversité de leurs expressions. Est significative à cet égard, l’équivalence entre la multiplicité des expositions qu’il a initiées et la variété des techniques et des matériaux qu’il a utilisées pour sa création plastique.

Cette ouverture au monde sans discontinuité et cet ancrage dans toutes les réalités de l’art, caractéristiques de l’oeuvre de Jean-Marc Paubel, montrent bien comment l’artiste d’aujourd’hui peut continuer à jouer son indispensable rôle dans les réseaux de reconnaissance de la création actuelle.

Pierre Souchaud, artiste auteur et fondateur de la revue Artension – 2015

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Entre ciel et terre

« Le peintre travaille dans l’obscur chaos qui précède la séparation des eaux d’en bas

et des eaux d’en haut. Il œuvre avant la création de la première lumière.

Il remonte à la création du monde, mi-témoin, mi-archange ouvrier.»

Jean-Luc Marion

Si Jean-Marc Paubel pratique la sculpture, la photographie et la vidéo, il n’en reste pas moins qu’il aborde ces différents médiums avec une sensibilité et un regard de peintre. Cherchant sans cesse les moyens de donner corps à ce qui n’en a pas, chacune de ses œuvres nous invite à plonger au cœur d’un monde inconnu ; d’un monde peuplé de fantômes et de spectres ; d’un monde à mi-chemin entre l’ordre du symbole et le grouillement informe de nos sensations.

Dans sa série d’archanges, par exemple, ce qui nous est montré comme œuvre n’est pas la série de sculptures elle-même, mais le point de vue à partir duquel l’œil du peintre les voit. Les volumes et les masses n’y apparaissent plus qu’à titre de tache et de lignes, et l’espace – qui caractérise d’ordinaire la sculpture – s’y volatilise en une infinité d’images. De la même manière, dans sa série de vidéos intitulée Déserts, les photographies qui en composent la matière formelle, semblent reprendre souffle et vie et se contaminer entre elles.

Mais c’est peut-être dans sa série de peintures – justement nommée Cimes – que se révèle avec le plus de force, le centre fantasmatique de son œuvre. Ni tout à fait abstraite, ni vraiment figurative, cette série en forme de variations lyriques, nous entraîne au cœur d’un univers encore balbutiant et informe, mais qui pourtant, envers et contre cet apparent désordre, nous procure la sensation étrange d’être en équilibre parfait ; autrement dit, d’être ce vivant paradoxe : une totalité informe.

Frédéric-Charles Baitinger