Ghyslaine et Sylvain Staëlens

Ghyslaine et Sylvain Staëlens

Retour aux sources

Ghyslaine et Sylvain Staëlens sont un cas aussi rare qu’exemplaire d’artistes travaillant en couple et en parfaite osmose l’un avec l’autre … mais également avec le paysage où ils ont choisi de vivre et de créer depuis 25 ans : une terre volcanique de haute solitude et d’austérité, dépouillée de toute modernité superflue et ainsi propice au retour aux sources d’une sorte de spiritualité autant originelle qu’universelle.

Ces somptueux assemblages de bois flottés, de racines, de métaux rouillés, de clous, de tissus, de terres, de roches volcaniques broyées, rouillées, oxydées, peuvent être l’évocation d’une humanité naissante, prenant conscience d’être sortie de l’animalité et commençant à donner une âme aux éléments naturels dont elle vient de surgir et qui lui collent encore à la peau.

C’est sans effroi, mais avec une sidération étonnée que nous regardons ce grand cérémonial de totems, d’amulettes et d’humanité native, car cette anthropologie imaginaire, qui est faite d’abord du plaisir de la mise en forme plastique, sublime et illumine positivement ses lointaines évocations.

Pierre Souchaud

 

 

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Ghyslaine et Sylvain Staëlens (nés respectivement en 1960 à Montfermeil et en 1968 à

Paris) sont un cas presque unique dans le monde des arts de couple fusionnel travaillant à

quatre mains : en totale symbiose, avec une complicité digne de musiciens de jazz. Car «

nous n’avons jamais cherché la sculpture », disent-ils aujourd’hui, « c’est la sculpture qui

nous a trouvés. Notre rêve était de devenir musiciens. »

Épris l’un de l’autre depuis leur première rencontre, vivant ensemble depuis plus de trente

ans, ils ont traversé d’abord une période difficile où ils avaient un emploi régulier,

Ghyslaine dans l’informatique, Sylvain à la télévision. Mais la vie à Paris ne leur convenait

pas et c’est pour échapper au piège mortel de la toxicomanie, qu’après divers voyages au

Mexique et une période d’errance dans le Sud de la France, ils ont trouvé enfin leur

planche de salut dans la création.

Avec frénésie, ils commencent alors à collecter toutes sortes de matériaux naturels,-

lichens, pierres, bois – qu’ils assemblent pour en faire sortir les formes et les personnages

visionnés dans leur texture. Leurs premières sculptures date de 1995. Peu après ils

s’installent à la campagne, dans un hameau isolé du Cantal, au pied des volcans. Une

région dont la rudesse empreinte de christianisme et de magie primitive les inspire

profondément.

Tout un bestiaire et tout un peuple de guerriers, de druides et de chasseurs, ou de

cavaliers barbares chevauchant d’étranges créatures, va naître de cet environnement, avec

de grands bas-reliefs, sablés de pigments rouges, figurant « le magma d’émotions » qui

nous anime et qui, dans leur période antérieure, avait failli les emporter.

Texte de Laurent Danchin

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Bio A propos

Sculpteurs d’assemblage à quatre mains.

Nés en 1960 et 1968 à Paris

Collections :

American Folk Art Museum / New York

Collection Blanchard – Hill / New-York

Collection Audrey B. Hecker / New York

Collection Takashi Murakami/ Japon

Collection Cérès Franco / Paris

Musée de la Fabuloserie / Dicy

Musée de l’Art en Marche / Lapalisse

Musée des Arts Buissonniers / Saint Sever du Moustier

Nombreuses collections privées internationales.

 

Pierre Souchaud

L’instant magique d’un miracle spatial et humain

Chez Pierre Souchaud, l’univers du dehors s’agence comme un puzzle immense. Des pans de fragile étendue chromatique, vastes et puissants, s’interpénètrent en un tout dynamique, émouvant et mouvant, dense et instable. Tout pourrait basculer vers un autre éphémère, vers un autre possible. L’incertitude ose dire les saisissements du mystère, et l’étrangeté neuve du monde. Pierre Souchaud n’aime les mortes réponses de la triste raison, ni les piètres victoires des apparences.

L’univers vital ne tient pas en place. Pierre Souchaud ignore l’immobilité mortifère. Ce qu’il saisit est toujours en constante gestation. Art sans cesse métamorphique où le vocabulaire resserré crée des rythmes profonds, où les formes créées se touchent, s’inquiètent, s’auscultent, et s’étreignent.

Sobres et assourdies, les couleurs creusent toute surface, et s’éloignent vers l’insondable. Méditatives, elles ne vont pas au-devant du spectateur. Elles tiennent grandement aux voiles diffus de l’existence. Dans ces vives peintures, le dehors et le dedans se rejoignent, et le monde pictural naît de ces embrassements.

La matière, subtilement travaillée, tient du parchemin d’âme, et de peau lointaine aux sombres plis indéfinis. S’il y a paysage, verticale et abstrait, le corps profond en serait l’horizon caché. Sur fond de douces ténèbres, couleur de vieille terre et de boue intime, surgissent de claires fenêtres chromatiques, fines clartés qui ensemencent l’espace.

Tout bouge, dans cette fine érotique d’univers. Pierre Souchaud a saisi l’instant magique d’un miracle spatial et humain, où les soubresauts de la chair secrète épouseraient les mouvements profonds de l’univers.

Une souterraine sensualité anime l’œuvre tout entière. Les espaces se pénètrent en picturale et secrète extase. Coït cosmique, aux limites du tragique et de la volupté.

Christian Noorbergen

 

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biographie

Né en 1938 en région parisienne. Enfance dans le Poitou. Enseignant (maths et sciences) à Poitiers jusqu’en 1976.

Amorce une carrière de peintre en 1967 avec une exposition personnelle à la galerie La Roue à Paris, préfacée par Jacques Lassaigne, et une participation à la Biennale de Paris

Nombreuses expositions et salons en France et à l’étranger.

Achats par Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et par le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

Collections privées : Max Theret (fondateur de la FNAC), Samuel Becket, Jacques Chaine (Directeur Crédit Lyonnais), Marc Moyens…

Il crée, en 1981 à Poitiers, le magazine Artension, qu’il développe nationalement à Rouen de 1987 à 1992.

Il relance Artension à Lyon en 2001 pour une diffusion nationale, et le dirige jusqu’en 2010, date à laquelle il le vend à Jean-Luc Poncin du groupe de presse Martin-Médias.

A partir de 2010, il peut donc se consacrer plus entièrement à sa peinture tout en poursuivant son activité de critique d’art et d’essayiste.

 

Expositions personnelles récentes :

Galerie Nicole Evin – Lille (mars -2014)

Galerie Beranger-Tours (octobre 2015)

Galerie Duchoze – Rouen (décembre 2015)