Marion Tivital

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Mystérieuses présences

Les friches industrielles et les usines désaffectées sont, pour Marion

Tivital, de mystérieuses présences immobiles et muettes. Oubliant leur

fonction première, vidées de toute présence humaine, elles semblent se

réintégrer dans le paysage et elles acquièrent ainsi une fascinante

intemporalité.

« L’énergie et la force sereine qui les habitent, la plastique de leurs

structures presque abstraites, donnent envie d’écouter leur langue

ténébreuse » dit l’artiste.

Cette langue parle d’absence et de mélancolie, mais aussi d’harmonie et

de sérénité retrouvées. Et c’est le silence même de ces lieux de mémoire,

puissamment chargés d’humanité, qui devient sujet plastique et objet

d’infinies rêveries.

Pierre Souchaud

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2012tivital-holid-web3Puissances immobiles

Ce sont des puissances immobiles, épurées et silencieuses qui ont perdu

leur fonction usuelle pour devenir ces géants ignorés qui habitent nos

paysages.

Pour certains, qui les regardent distraitement, ce sont des ustensiles

laids, artificiels, égarés par erreur dans la nature.

Pourtant à force de cohabitation, ces hangars , à l’insu de l’homme , se

sont intégrés dans le paysage.

Ils sont parfois parvenus à un équilibre enraciné dans la pénombre, un

précaire compromis avec la terre et le ciel.

Cet équilibre entre ces antagonismes nous communique une impression

de paix et de tempérance.

Cette force qui habite les formes, l’énergie calme , la plastique de leurs

structures presqu’abstraites, me fascinent et me donnent envie d’écouter

leur langue ténébreuse.

Il s’en dégage une beauté, une unité visible et sensible, hors du temps.

Leurs masses géometriques brouillent les valeurs qui distinguaient le

proche du lointain, à l’endroit où le ciel et la terre se touche.

Malgré la discordance des éléments, se crée sous nos yeux qui ne savent

pas voir un espace plein, alliant incertitude et géométrie.

De ses témoins d’un passé glorieux du monde du travail, se dégage une

mélancolie qui me parle d’absence.

Ces lieux désertés par les humains mais qui en portent leur trace, j’ai

envie de les ressentir par ma peinture.

Je souhaite absorber cet invisible qui affleure la surface, démêler ces

lignes énigmatiques , entrer dans l’intimité de cette harmonie.

La beauté peut se trouver là où elle n’est pas évidente, et c’est un

bonheur que de trouver dans l’ombre la lueur qui modele tout.

Le paysage industriel n’est pas réductible aux apparences.

Par mon affection paysagère j’aimerai soulever le voile de la fausse

monotonie de ces paysages banals et ancrés dans notre quotidien.

Marion TIVITAL

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