Maurice Sage

Maurice Sage

Surgissements premiers

 Les images que nous propose Maurice Sage semblent être celles des premiers moments d’une genèse. Ce sont des formes pures, virginales, natives, comme tout juste surgies d’un règne minéral. Elles sont prémices de pensée, de conscience et de vie. Elles sont comme ces premiers êtres organisés, animaux ou végétaux, apparus miraculeusement un jour, à la surface inerte de la terre.

Ni abstraites, ni figuratives, ni narratives, ni métaphoriques, elles ne représentent rien d’autre qu’elles-mêmes ; elles sont totalement libres de leur devenir et ouvertes à toutes interprétations et projections, sollicitant ainsi le spectateur dans son aptitude à rêver librement.

Elles sont, comme les calligraphies orientales, nées de l’exactitude et de l’intensité d’un geste où fusionnent le cœur et l’esprit.

La beauté est là, entre le hasard de la matière et la nécessité de la vie, dans cette quête d’une vérité originelle.

 

Pierre Souchaud

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Maurice Sage

La danse des temps fossiles

 

« Il est possible de forger, pour désigner les êtres célestes, des figures

à conditions de prendre les similitudes sur le mode de la dissemblance

et de ne point les définir univoquement. »

Denys l’Aréopagite

 

Et si la pierre, en ses multiples couches brisées, ne renvoyait pas seulement au règne minéral, mais désignait, dans l’esprit de celui qui la contemple, une sorte de paysage intérieur ou, pour le dire encore autrement, une sorte de vie fossile des formes ? Voilà bien la question à laquelle nous convie l’œuvre de Maurice Sage, peintre-poète et paléontologue ayant choisi pour terrain d’étude ses propres affects.

 

A l’image d’un Bissière peignant au jour le jour ses humeurs, son œuvre est le journal de sa vie intime ; la transcription plastique de ses rêveries en taches de couleurs. C’est pourquoi, peut-être, à l’instar des peintres du moyen-âge, Maurice Sage semble avoir fait du dissemblable la clef de voûte de son esthétique : car en-deçà (ou par-delà) le réalisme apparent de ses paysages d’âme, cet artiste à la sensibilité délicate, ne cherche en réalité qu’une seule chose : faire de sa peinture la concrétisation abstraite de ses émotions.

 

Mais pour que se produise une telle conversion du regard (pour que la dissemblance acquière son sens véritable) ne faut-il pas, au préalable, renoncer à voir dans cette peinture une référence au monde extérieur ; et plus particulièrement encore, au monde silencieux des roches et des pierres ? Cela est plus que probable, car à ne s’en tenir qu’à ce seul aspect des choses, nous nous priverions de voir dans son œuvre ce qui en fait sa force et sa grandeur. A savoir : la relation qu’elle établit entre le monde de la visualité pure et celui du sens de nos affects.

 

Frédéric-Charles Baitinger, Critique et écrivain d’art

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