Isabelle Leclercq

L’ordre minéral

Isabelle Leclercq a intitulé une de ses récentes œuvres « origine du monde », car il est vrai que sa création évoque une beauté qui tient de l’innocence et de la pureté originelle. Une harmonie première qui précède le passage du temps, mais que le travail de celui-ci restitue dans ses jeux entre l’inerte et le vivant. Ce sont, dans l’ordre du minéral, les formes nées de longs processus géologiques de concrétion, de sédimentation ou d’érosion. Et puis, dans l’ordre du vivant, ce sont « les rides d’un visage, les cernes du tronc d’un arbre coupé, les stries de croissance d’une huître ou d’un coquillage »

Alors Isabelle Leclercq restitue par l’épreuve du feu, à partir de « ces rubans de terre qui sont aussi rubans de temps » dit-elle, ces longs processus d’apparition de formes à l’évidente et fascinante beauté, parce que s’y conjuguent miraculeusement le biologique, le sensuel et le spirituel dans une apaisante et mystérieuse intemporalité.

P Souchaud

 

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